Lâchés dans la nature au 1er juillet toute une nouvelle fournée de « bébés cons’ » (spéciale dédicace Coura) est allé s’ébattre dans la nature avec plus ou moins de bonheur.
Quelques mois plus tard alors que (presque) tous semblent casés que sont-ils devenus et comment se sont passés leurs débuts?
L’ours solitaire que je fus dans cette promo a quand même réussi à avoir quelques nouvelles directes ou indirectes des bébés cons’. Certains ont fait des débuts que l’on peut qualifier de « dans le feu de l’action » : alerte incendie dans un magasin de fonds anciens: pompiers, RIA et autres joyeusetés, mais je vous rassure l’histoire finit bien (aucun document ancien n’a été arrosé).
D’autres ont commencé par des vacances, si, si les petits veinards, d’autres encore commencent à martyriser des catalogueurs compulsifs, et doivent réparer des serveurs en les débranchant « à la sauvage ».
D’autres encore organisent des journées professionnelles avec des budgets pharaoniques, certains commencent déjà à occuper deux postes à la fois (je sais c’est égoïste mais on se sent de suite moins seule!).
Certains font face à des manifestants sauvages assoiffés de sauvegarde de l’environnement, et ne se plaignent pas trop car ils ont échappé à la voiture folle encastrée dans l’entrée.
Certains numérisent à tour de bras et ne travaillent pas pour autant chez monsieur G..
D’autres ont rejoint des destinations exotiques et on se plaît à les imaginer dans des bibliobus ensoleillés ou on les redoute balayés par des tempêtes tropicales bien au chaud et à l’abri dans leurs bibliothèques.
Enfin certains sont encore dans les cartons du déménagement, et d’autres n’ont toujours pas pris deux minutes pour se chercher un logement (oui je sais je dois m’y mettre sérieusement).
Certains ont à faire face aux réticences des « déçus de pas avoir eu le poste », ou aux « mais qui c’est ce petit jeune tout juste sorti des couches », mais globalement tous semblent vivants à l’heure où j’écris ce message.
Et moi?
Un été long et tumultueux plus loin, je retrouve mes anciens collègues et quelques nouveaux (habillés de métal et d’écrans plats). Il m’a fallu revenir de la DOK, ce qui m’a bien pris les 5 autres mois de stage, parce que la DOK est un tel ovni que l’on n’en revient pas facilement.
Mais je suis là, il a fallu habiter ce travail un peu complexe, puisque certains services sont sous ma tutelle et d’autres ne sont miens que par intérim, voire un par intérim partagé. Mais aussi parce que revenir « sur les lieux du crime » n’est jamais la solution la plus simple et la plus facile (c’est déconseillé de façon quasi unanime).
Puis il faut trouver son rythme parmi les dossiers et les retards cumulés, survivre et ne pas oublier de manger parfois à midi (et il y a des jours où cela ne peut rentrer que dans un créneau de 3 mn maxi et encore si vous oubliez votre téléphone).
Il faut retrouver les morceaux d’historique qui manquent, parce que l’on a été « absent » pendant un an et demi.
Trouver ses limites et ne pas squatter l’espace des autres, se résoudre à renoncer à certains dossiers et s’emparer de certains autres que l’on aurait volontiers laissés.
Ne pas oublier que le paquebot ne se manœuvre pas comme un hors bord et que donc l’iceberg doit être guetté via les frémissements de multiples indicateurs.
Bref il faut tâtonner, hésiter, se tromper (pas trop) et expérimenter pour habiter ce nouveau job, ne pas vouloir tout changer tout de suite et pourtant commencer, attraper un bout de la pelote et le suivre.
Et puis étrangement je découvre que c’est un boulot où je me sens un peu plus seule qu’avant. C’est très étrange car les collègues sont là, les échanges sont possibles et réels mais pour autant ce sentiment de solitude est lui aussi bien là, présent au quotidien…
Voilà je suis un bébé cons’ qui sera peut être bientôt labellisé…de là à dire que je suis un cons’ qui fait bien son boulot je crois qu’il y a encore du chemin à parcourir et des marques à trouver. Même si ce travail n’est pas si différent de celui que je faisais avant, je trouve qu’il y a des nuances d’une subtilité impalpable qui sont à affiner et à s’approprier. Oui, la différence est dans une certaine subtilité et j’y retourne de ce pas.
Cela fait un mois que je n’ai rien publié sur ce blog et la raison de ce long silence est que mon outil de travail m’a trahie….
L’ordinateur est mon ami (enfin je vous rassure j’ai d’autres amis que mon ordi) et je prends soin de mes amis. Donc j’ai voulu faire migrer mon ami vers de nouveaux territoires, ce que lui permet sa relative jeunesse. J’ai donc voulu le conduire vers les verts pâturages de 7 et l’aider à abandonner vista, escomptant par là plus de vélocité dans nos relations.
Cette merveilleuse histoire fini mal, chers lecteurs, je tiens à vous prévenir.
La première migration a survécu à trois allumages et extinctions, la quatrième lui fut fatale (écran noir donc nuits blanches pour tout remettre à plat).
La seconde migration n’a pas survécu à sa fin. Rebelotte pour la remise à plat complète avant re migration.
La troisième migration a été précédée d’une installation d’un super logiciel détectant et réparant les fichiers corrompus et autres trucs qui fâchent sérieusement les ordinateurs. Le rédémarrage lui fut tout aussi fatal.
Bref je vous passe les suivantes tentatives avec moults variantes cela fait donc un mois que je « joue » à tout remettre à plat et à tout perdre. Entre temps la boîte qui fournit un providentiel wifi a manifesté son désarroi, face à ces relations tendues entre mon ordi et moi même, en se mettant temporairement en grève.
C’est donc officiel je rends les armes et je vais rester en vista, qui ne fonctionne pas si mal dès que vous avez réussi à museler les demandes permanentes d’autorisations. Je ne conduirais pas mon fidèle compagnon vers les vertes vallées de 7, qui d’après ce que j’ai pu en voir m’a tout l’air fort intéressant mais incompatible avec cet ordinateur, alors qu’ils se sont pourtant reconnus et entendus….mais cet amour était fugace.
La bonne nouvelle c’est que lorsque vous passez vos nuits et week-end à remettre à plat votre ordinateur cela vous laisse du temps pour lire, j’ai donc lu tout twillight, et tout Tim Burton, je suis à jour de beaucoup de DVD restés en souffrance….à toute chose malheur est bon disait le proverbe.
Et maintenant je suis de retour.
Si vous ne le savez pas je vais vous l’apprendre: je suis nulle pour mes anniversaires et d’une mémoire d’éléphant pour ceux des autres!
Un exemple?
Je viens d’oublier pour le seconde fois l’anniversaire de ce blog! Donc ce blog a eu 2 ans le 13 octobre dernier…je n’en reviens pas moi même à croire que cela fait déjà deux ans que j’envoie des posts et qu’il y a quelque part des gens qui les lisent…
Comme je ne fête jamais mon anniversaire (je vous vois arriver: non je n’ai aucun complexe, au contraire vieillir est encore une bénédiction, mais je ne le fête qu’avec moi même) je ne fêterais pas plus celui de ce blog.
Peut être me souviendrais-je dans quelques mois de l’anniversaire de l’autre blog….
Certains de mes lecteurs se sont aperçus qu’un compte à mon nom de bloggeuse existait sur diverses applications web 2.0 et ont voulu me suivre.
J’en suis honorée.
Néanmoins l’usage que je fais de ces technologies, je parle de Facebook et twitter, est accidentellement lié à mon nom de bloggeuse (si, si je n’ai pas pensé à me créer un compte perso tant ma pratique Web 2.0 est liée à mon métier).
Certaines applications autorisent une double identité : netvibes pour ne pas le nommer, m’a permis de créer ma page en tant qu’individu et ma page publique de bloggeuse. Là c’est génial je peux être schizophrène en toute liberté. Si, si les deux pages différent : dans la mienne (Val) il y a en plus des onglets sur l’innovation, les tendances à venir, dans l’autre (Bibenfolie) le reste que vous connaissez peut être.
Facebook et Twitter ne permettent pas les deux, enfin Facebook s’y est mis semble-t-il, mais quoiqu’il en soit les deux concernent la question existentielle majeure : « que faites vous ? ».
Je vous retourne la question à quoi cela va-t-il vous servir de savoir ce que je fais ? Là tout de suite j’écris ce billet dans un train, la belle affaire voilà qui va changer la face du monde !
Que cela concerne mes amis les plus proches, OK, des collègues avec lesquels des échanges se sont noués au fil du temps, OK, des collègues qui sont devenus des amis, OK, mais le reste du monde ?
J’imagine que cela ne vous avance à pas grand-chose de savoir ce que je fais là tout de suite. D’autant que je ne twitte pas des liens sur mes lectures netvibes, soit vous savez lire et allez sur mon netvibes, soit vous ne savez pas lire et quittez et ce blog et twitter.
Il n’y a aucun scoop fondamental sur twitter ou facebook, provenant de moi en tous cas. Ces applications me servent à rester en contact avec des gens que j’apprécie sur un plan personnel, aussi je décline beaucoup de followers/amis, j’en supprime des qui se sont glissés par je ne sais quel biais. Et surtout je refuse quasi systématiquement ceux dont les updates ne sont pas verrouillées, sauf pour mes amis les plus proches.
Par ailleurs vous n’ignorez pas que l’ont peut faire des recherches sur Facebook et twitter, or cela me casse les pieds, sérieusement même, ce que je dis à mes amis ne regarde que mes amis (donc je me sers surtout des direct messages). Encore une fois l’individu privé que je suis n’a pas envie de tout partager de sa vie avec les lecteurs de ce blog, je tiens à conserver une part de mystère….d’autant que cette part tend à se réduire à une peau de chagrin depuis que j’ai accidentellement révélée mon identité et qu’en plus avec mes activités au sein du bibliolab je crois que c’est mal barré. Sans compter que si je vous mets en ligne des présentations que je suis amenée à faire vous risquer d’y voir mon nom.
Ne le prenez pas personnellement, je refuse même des collègues de promo, (oui je sais les gens bien éduqués ne le font pas). Mais ces espaces sont mes espaces personnels, des espaces de liberté d’expression, et je n’ai pas envie que la terre entière puisse m’y lire, surtout dans mes délires car j’ai un sens de l’humour parfois bien noir.
Ceux qui me connaissent savent que je suis un ours, et si vous ne me connaissez pas alors maintenant vous le savez…ce n’est pas une affaire personnelle contre vous, c’est une affaire personnelle tout court.
Non parce que l’herbe y est plus verte, elle est le plus souvent juste plus loin (quoique quand vous allez vraiment plus loin, au hasard la DOK, elle est vraiment plus verte!)
Mais pour s’ouvrir des horizons.
Voilà la leçon, assez évidente somme toute, que je tire à la fois de mes visites de bibliothèques ici et là, mais surtout de mes échanges avec mes collègues.
Certains me diront que c’est un budget en soi que d’aller voir ailleurs…certes. Si vous êtes membres de l’ABF alors je mets tout de suite un bémol à cela, le budget est négocié. Si vous voyagez à titre personnel je mets aussi un bémol à cela….bref j’accepte l’argument pour ceux qui ne partent jamais de chez eux, ne vont jamais nulle part, pas même dans les villes avoisinantes….Et encore !
Je mets aussi un bémol à ceux qui ont internet et qui jamais ne cherchent sur YouTube et consorts des reportages sur des bibliothèques ou des services, ne lisent pas les articles qui traînent sur le web…bref je n’accepte l’argument « aucune visite possible » que pour ceux qui sont cloîtrés chez eux à temps complet et qui n’ont pas internet…cela réduit les rangs.
J’entends tout de suite les cris d’ofraies de certains : « je n’ai pas le temps », « il faut prendre rendez-vous », « je ne parle pas l’anglais », etc….Là aussi bémol.
Il est du devoir de tout un chacun de mettre à jour ses connaissances, il ne s’agit donc pas que de partir en stage ou de participer à des journées d’études, bien passif assis sur son fauteuil et surtout bien sage. La veille active n’a pas été inventée pour les animaux. Et si vous n’êtes pas en possibilité de vous monter des univers de veille pensez au moins à aller en pomper quelques uns parmi ceux qui existent déjà ! Il ne s’agit pas de réinventer la roue tous les jours, vous pouvez aussi simplement vous approprier des sources qui sont déjà recensées, pensez bibliopedia.
Quoiqu’il en soit il est essentiel pour une bonne pratique professionnelle de se ménager du temps de veille, de réflexion et de prise de recul sur sa pratique, à telle enseigne qu’il faut matérialiser cette heure quotidienne ou hebdomadaire dans votre emploi du temps et s’y tenir.
Pour ma part c’est un minimum d’une demi-heure par jour consacrée à la lecture de mes fils RSS ou de bouquins divers, ou encore d’articles afin de découvrir, creuser et approfondir ce qui se fait ailleurs.
La question subsidiaire est : est ce que cela fait de moi une bonne professionnelle ? Bien que n’ayant reçu aucune plainte je ne suis pas la mieux placée pour répondre. Mais indéniablement je suis une meilleure professionnelle que je le serais sans cela, au moins du point de vue des connaissances de ce qu’il est possible d’inventer en bibliothèque.