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Qu’est-ce que l’on fait pour ceux que l’on ne veut pas laisser derrière ?

23 septembre 2008

Voilà l’objet d’une conversation tea time (un peu tardif le tea time) avec une collègue adorable (le genre de jeune ovni qui vous donne l’impression d’avoir 100 ans sans avoir appris grand-chose de la vie et que votre cerveau avance à la vitesse d’une 2 CV en côte). On se demande comment on peut faire pour faire que personne ne soit laissé pour compte au bord de la route… Dans une époque où le métier change à toute vitesse, où son coeur semble se déplacer (fin du catalogage ? Externalisation des documents ?), où le rythme des changements s’accélère et les outils se renouvellent à la vitesse de l’éclair. Comment faire pour qu’aucun ne soit laissé au bord de la route ?

C’est à la fois une question de management, de formation professionnelle, de relations humaines, matinée d’un peu de coaching.

Sauf que le coaching est formellement interdit par les règles du bon sens, du respect d’autrui et du management. Le bon sens et le management arguent du fait que c’est un métier à part entière qui implique une formation, des compétences, un savoir-faire et des connaissances solides, notamment en psychologie. Le respect argue du fait que le coaché doit être demandeur et en situation de liberté, ce qui n’est pas le cas dans le cadre du travail. Et puis la pratique répond que le rôle de cadre conduit parfois à accompagner vers le changement un membre de son équipe, lequel n’a pas toujours exprimé sa volonté de changement, ni son consentement à être accompagné.

Je crois qu’un des leviers repose dans le fait d’inclure dans le temps de travail une plage de réflexion, de documentation professionnelle. De l’institutionnaliser et de la rendre possible en libérant ce temps, en l’incluant dans le planning et en mettant à la disposition de tous les sources disponibles. Toutes les sources parce qu’il ne s’agit pas d’orienter les lectures mais de toutes les permettre et seulement signaler celles que l’on a estimées, à titre individuel, les plus enrichissantes. En réponse le débat peut s’installer, la contre-proposition advenir…

Cela me fait d’autant plus drôle d’écrire ces mots qu’au début de ma carrière, prise par l’urgence de faire sortir une extension du sol et de la rendre pertinente en tant que proposition culturelle, je lisais surtout les bouquins du cercle de la librairie. À l’époque j’avais besoin de concret, (des normes de construction, des ratios de documents par population, des totaux de places assises, des moulinettes de conversion et j’en passe), et je trouvais la lecture de certains articles trop éloignée de mes besoins, inutile.

Aujourd’hui je me repais de ces lectures, explorant même des numéros fort anciens, y trouvant une réflexion qui me sort de mon guidon. Aujourd’hui j’ai pour directrice de mémoire une personne qui travaille dans une de ces revues dont je me délecte et je repense en m’amusant à mon dédain d’alors…

Aujourd’hui je pense que ces lectures sont essentielles et enrichissantes, qu’il est du devoir de nos collègues les plus innovants d’y écrire et d’y partager leurs idées et leurs pratiques. Aussi je pense qu’il faut absolument institutionnaliser cette pratique et inciter aux échanges sur ces sujets. C’est également pour cela que je lis avec plaisir, intérêt et joie les blogs de la biblioblogosphère qu’ils soient français, anglais, australiens ou américains. Parce que là réside une source non négligeable (quantitativement et qualitativement) d’informations, mais aussi de pratiques, d’échanges professionnels. Je suis à la fois émerveillé, perpétuellement surprise et surtout reconnaissante envers ces collègues qui font un travail formidable.

Ils sont une richesse professionnelle unique, ils sont talentueux et inventifs et surtout ils sont exemplaires, car ils partagent la connaissance afin qu’aucun ne soit laissé au bord du chemin.

Enfin un des derniers levier réside dans l’échange interr humain. Je crois beaucoup dans la relation de débats et d’échanges, surtout avec ceux qui ne sont pas du tout de mon avis, et surtout avec ceux qui ont envie de débattre… Et puis je l’avoue aussi et surtout et enfin avec mes collègues syndicalistes.

J’aime la qualité des échanges, la richesse des points de vues professionnels, et j’aime aussi le fait que nos débats recouvrent aussi une vision que nous avons du monde, et des valeurs qui nous importent. Et je suis gré aux équipes dont j’ai pu faire partie d’avoir accepté de ne pas me considérer dans ces débats comme un cadre, mais comme une collègue avec laquelle on pouvait échanger sur le métier, sur un pied d’égalité. Là aussi la richesse des échanges n’a eu de cesse de me surprendre et de m’ouvrir des perspectives. Je n’exerce pas d’autre métier que le mien, je n’en ai jamais exercé d’autres aussi suis-je mal placée pour comparer et affirmer s’il est celui où les échanges sont les plus nombreux. Mais je sais désormais que je trouverais triste d’avoir à en exercer un où de tels échanges n’existeraient pas. Et je suis heureuse d’en exercer un où tout cela est non seulement possible mais aussi bien réel.

(Ah oui et je suis aussi gré au hasard ou Dieu ou Schopenhauer d’avoir foiré le CAPES et l’agreg de philo ! Quel que soit le responsable qu’il en soit remercié !)

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