Aller au contenu principal

Musiques….

15 juin 2008

Je persiste et signe dans ce qu’une de mes collègues appelle le « pseudanonymat », terme gracieux émanant de la non moins gracieuse Liber Libri, voir tout en bas de cette page (vous n’aviez pas remarqué ?).

Moyennant quoi j’ai décidé de me livrer un peu plus, bref de vous en donner plus, enfin pour les quatre pèlerins qui lisent ce blog, quatre pèlerins auxquels je tiens.

Musique j’avais dit, musique j’y vais… J’ai pensé à ce post en rentrant de Paris. Mon éternel compagnon, mon curves le bien nommé, et si bien assorti à sa légitime propriétaire, diffusant dans mes oreilles la musique qu’il a la bonne idée de stocker, ainsi que des photos et des vidéos.

Qu’est-ce que j’écoute ? Quels sont les musiques qui m’ont marquée ? En quoi la musique joue-t-elle un rôle central au point qu’il ne se passe pas un jour sans que j’en écoute ?

Un grand homme, le premier qui me contredit prendra un tacle, voir mes préférences, a écrit jadis : « La musique ne parle pas des choses ; elle parle simplement du plaisir et de la souffrance (qui sont les seules réalités pour le vouloir) ; c’est pourquoi elle parle tant au cœur alors qu’elle n’a rien à dire directement à la tête. » Arthur Schopenhauer

Je ne vais pas vous faire une dissertation de philosophie, surtout que rapport à Schopenhauer je deviens rapidement soûlante, mais tout est dit et bien mieux que chez Hegel (na !).

Enfant j’écoutais ce qu’écoutaient ce qui ressemble le plus à des frangins dans ma vie : ACDC, Trust, Aerosmith…. Rejet clair et net des goûts de ma mère : Claude François, la trompette.

Ado la révélation en Angleterre : Alice Cooper dans « top of the pop ». Regard d’acier, cerné de noir, voix rocailleuse, cuir serpenté et ces mots :

« I wanna hurt you just to hear you screaming my name you’re poison running trough my veins ».

Avant Alice, Gainsbourg et Renaud, après Alice, Alice et Alice…

Alice au début des célébrissimes « school’s out » et « welcome to my nightmare » (pas les versions concert moins bonnes mais l’enregistrement d’origine). Alice et son double Steven qu’on retrouve au fil des albums.

Alice plus intime dans Lace and whiskey , entre autres, avec « you and me » ou encore « it’s me », textes intimes d’une surréaliste sincérité.

Alice classique, autant qu’il peut l’être, avec « at the end of the rainbow ».

Alice électro, pas trop…

Alice révolté Raise your fist and yell, moyen de narguer les bonnes sœurs à l’école qui ne goûtaient guère mon bracelet à clous et ma bague cercueil avec le crucifix renversé. Moyen aussi de trouver des mots à mettre sur ma révolte, toujours plus forte. J’ai survécu à cette adolescence que je ne revivrais pour rien au monde grâce à Alice et je ne la revivrais que pour la raison qui font que « poison » est si chère à mon cœur… Pour que les morts revivent, un mort en particulier, mais les morts ne revivent pas, sauf dans les mauvais films comme « Prince of darkness », ne pas rater la scène d’anthologie où Alice en personne apparaît.

Les derniers albums d’Alice ne sont pas les meilleurs de mon point de vue, il faut s’arrêter avant dragontown et attendre cet été.

Une collègue me nargue régulièrement en me racontant qu’elle a vu Alice en concert, pas moi. Mais Alice n’est pas vieux et nous finirons bien par avoir notre rendez-vous, lui et moi, un lien spécial existe entre nous.

ACDC, bien sûr, je ne sais plus qui a écrit:« il n’est pas de tragédie pour un homme qui marche », pas tout à fait faux, mais très exagéré. J’en ai fait des kilomètres avec Angus et ses potes, je mériterais d’être dans leurs roadies. Le pas commence lentement dans la tristesse ou la simple fatigue et puis le rythme opère sa magie, sans jamais faillir ! Ma démarche devient nerveuse, cette énergie gagne tout mon être, c’est une sorte de sort auquel il est inutile de résister, quelques riffs plus loin j’ai déjà ce sourire que la musique me donne… « hell bells », « highway to hell » (ma sonnerie de portable) ou encore « you shook me all night».

Je rêve de savoir-faire ce petit pas de deux que seul sait faire ce merveilleux lutin en culottes courtes…ACDC c’est une transe qui marche à tous les coups, c’est physique et ça joue sur le mental, en fait ACDC c’est l’amant parfait, c’est cette énergie… Enfin je me disperse !

Metallica bien sûr : le garage days , le black , ou le St Anger accouché dans la douleur. Si James était brun il serait l’homme de mes rêves, cette voix, celle de « nothing else matters »…le mystère des voix ovariennes m’a-t-on déjà dit… Si vous le dites !

Surtout « one », que je n’écoute plus parce que je l’aime trop et parce que je la déteste, parce qu’elle me parle des morts avant qu’ils l’aient étés. Metallica et son dernier bassiste, personnage ô combien touchant, émouvant avec ce physique pas ordinaire mais troublant. Il me fait penser à un hei tiki, une divinité anthropomorphe tutélaire source de protection et d’énergie.

Metallica et son énergie, là aussi, ses textes profonds et beaux, étranges aussi souvent. Metallica et son processus créatif fascinant à voir évoluer, sa dynamique implosive de groupe qui font de l’expérience Metallica une expérience unique et complète. Ceux là aussi il faut à tout prix que je les vois un jour sur scène.

Et puis Aerosmith, l’ovni, pas ceux des films américains qui finissent bien. Aerosmith « roots », ceux du duo avec Run DMC, ceux de nine lives, à mon goût leur meilleur album.

« Pink » que j’adore, une de mes chansons de la bonne humeur, coquine à souhait, une chanson pour l’amour. Et puis surtout « what it takes »… Si « poison » est celle des débuts, « what it takes » est celle de la fin. Je l’ai écoutée pendant un an, non-stop, tous les jours, plusieurs fois par jour. Le CD est mort sur cette piste. Des heures de « what it takes ». Je l’écoute toujours mais d’une oreille, si je l’écoute attentivement mes yeux sont humides. C’est la chanson de l’éternelle blessure qui parle de laisser partir ceux que l’on aime, et qui me parle de laisser mourir ceux que l’on aime parce qu’on les aime. Je l’ai tellement chantée ou hurlée que ma vieille super cinq doit encore en résonner dans la casse elle doit pourrir aujourd’hui.

Maria Callas, les solos sobrissimes, « la mama morta » archiconnu et archibeau. Pourquoi la Callas alors qu’il y a mieux ? Je ne sais pas mais la chair de poule dans mon dos a choisi. On n’écoute pas qu’avec ses oreilles, il y a le corps qui parle et qui dicte sa loi et ses goûts, le corps qui vibre comme un autre instrument. Parce que c’est ça pour moi la musique, cette vibration qui se transmet, qui fait que quelque chose d’animal réagi en soi. Un langage, une transe, un partage dans l’absence et pourtant un partage bien réel, et en tout cas charnel.

Après… Après ce sont plutôt des chansons qui me viennent à l’esprit.

« angel of the morning », découvert au détour d’un épisode de friends, « there’ll be no strings to bind your hands », voilà une belle promesse de petit matin, peut-on faire pus belle déclaration?

Du coup je pense à Alanis Morisette, pas franchement mon style mais j’adore ses paroles « you owe me nothing in return », qui parle d’aimer sans lien, de s’aimer sans contraindre, sans demander des comptes, d’aimer l’autre au point de le laisser vivre ce qu’il a à vivre… Un peu moins de jalousie, un peu plus d’amour, ça devrait presque être un programme politique. « 21 good reasons », si vous croisez le mec qu’elle décrit je veux bien son numéro, c’est exactement ce que je cherche… D’ailleurs faut que j’écoute son dernier album !

« J’aime regarder les filles », je ne me souviens jamais du nom du chanteur mais j’adore sa voix, chaude, rocailleuse, les paroles sont assez entêtantes et je m’étonne toujours qu’aucune femme n’ait fait la chanson adaptée pour le sexe opposé : « j’aime regarder les hommes qui marchent sur la plage… ». Cette chanson à un petit défaut elle est assez entêtante, entre le rythme et les paroles il y ait une certaine langueur pas dépourvue de nervosité pour autant, qui fait qu’on tombe assez vite sous son charme.

Et puis les iconoclastes : Jérémy Chatelain et sa « variété française »… J’aime le rythme lent et décalé, la voix posée presque indifférente, mais surtout les paroles… C’est vrai que parfois la variété française c’est vraiment « entre le rock et la Corrèze ».

Mais surtout Julien Doré et « Lolita », décalé, drôle, un vrai talent de réinterprétation je trouve. Là aussi il faut que j’écoute son dernier album !

Quelques chansons de Robbie Williams, la reprise de « somethin’ stupid » ou encore « rock DJ », un entertainer à l’américaine, avec les défauts et les qualités du genre, mais il faut le reconnaître le talent pour le faire, ce qui n’est pas si commun.

Zebda et surtout « tout semble si… » : « en tout cas si je lâche mon lasso ils seront à la porte de mon ghetto » et puis d’autres moins connues mais toutes aussi belles, au rythme nonchalant. Aux chaloupement des hanches de « tout semble si » succède le rythme plus nerveux de « double peine ». La chanson engagée, citoyenne, mais pas que… de Zebda, chansons joyeuses, nostalgiques, chansons mi-figue mi-raisin, où le mot ne l’emporte pas sur la note mais se servent mutuellement. Zebda ce n’est pas que « tomber la chemise », ni que « je crois que ça va pas être possible », même si je devrais leur verser des droits tellement je cite cette phrase, au 150ème comme au 1er degré ;-).

« Le sud » de Ferrer, la nostalgie, l’évocation des paysages familiers, d’un monde sur le point de vaciller, l’impression d’être un oiseau sur le fil… Tristesse et beauté. Le talent de Ferrrer méconnu et cantonné à son rôle de trublion, un véritable gâchis.

Les Clash bien sûr…

Et puis tant d’autres : « sorry angel », la seule que j’ai chantée, « le métèque », « la gadoue », « smooth », « blood sugar sex magic »…

Dire qu’il faudrait faire la même chose avec les livres… Parler de ce qu’on aime, et les partager, les faire découvrir, pas que dans une bibliothèque mais aussi là où les échanges peuvent se faire…

Allez et vous ?

C’est quoi vos musiques préférées ?

Quelle place a la musique vos vies ?

P. S. : ah oui ! curves a aussi des cours de néerlandais… Et oui faut quand même que je parle la langue de la DOK quand j’y serai ! Coucou Erick et Jaap j’ariiiiive !

Publicités
7 commentaires leave one →
  1. Liberlibri permalink
    16 juin 2008 9:31

    Le terme ne m’appartient pas !! J’adore les mots-valise mais pseudonymat n’est pas de moi.

  2. Les bibliothécaires musicaux permalink
    17 juin 2008 6:21

    Excellente idée de billet. Mais pourquoi avoir mis cette citation d’un joueur de foot allemand ? :OP
    Tu n’as pas intérêt à te défausser pour la prochaine édition des biblioblogades. A bientôt. Nicolas

  3. Val permalink
    17 juin 2008 7:38

    @ liberlibri:
    et oui maintenant que tu me le dis je me souviens que tu citais quelqu’un tu vois il faut vraiment que j’investisse dans un disque dur externe!

    @ médiamus:
    Merci venant de toi le compliment me touche énormément. Le joueur de foot te dirais bien des choses, moins qu’il n’en disait jadis à Hegel (joueur de l’équipe adverse) parce que tu aimes la musique ce qui ne saurais faire de toi quelqu’un de mauvais. Je me suis pas défilée je passais mes &%µ@ de partiels de psycho et j’ai même une attestation de présence (pour la réussite y’a un délai à prévoir au mieux septembre ;0)), mais si je les réussis y’a une wii qui attendra tous les stagiaires ou formateurs de passage à Lyon….ha ha ça devient tentant maintenant l’enssib!

  4. Nannybib permalink
    18 juin 2008 11:48

    Ben moi, après avoir assisté dimanche soir au concert de Radiohead à Nîmes (géant, génial), toutes les autres musiques me semblent un peu fades ou trop boum-boum…
    Vivement le prochain Sigur Ros : fin juin, il me semble.
    Pseudanonymat, j’aime bien

  5. eric1871 permalink
    20 juin 2008 2:20

    mince alors, t’étais aux arènes dimanche ? Moi aussi, donc un peu le même avis : quand t’as vu ce que t’avais envie de voir et entendu la musique que t’as envie d’entendre… difficile de trouver quoi faire après.
    sauf à changer de genre complètement, donc j’ai vu Ours avant hier et j’ai été très agréablement surpris.
    Sigur Ros, me paraît quand même une bonne idée.. si c’est comme la tournée en Islande…

  6. Bibenfolie permalink
    23 juin 2008 6:58

    Bon je vois qu’en plus des goûts musicaux en commun Nannybib et Eric1871 et moi partageons la même origine géographique….d’ici à ce que nous organisions de prochaines biblioblogades sudistes….y’a pas loin!

  7. eric1871 permalink
    24 juin 2008 3:45

    au niveau de la région LR y’a pas grand chose… pourquoi pas s’organiser ?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :