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Je réclame le droit à l’erreur…I’m only human

20 mars 2008

Après l’étrange croisement de mon dernier post entre hommage et coup de gueule je voudrais préciser ma pensée.

J’ai dit préciser, pas revenir dessus, l’intitulé de ce post ne concerne pas le précédent. Ceci dit pour ceux que mon précédent post aurait « tourneboulés », d’abord laissez moi vous dire que se faire secouer de temps en temps c’est pas si mal. Par ailleurs il arrive que parfois on puisse en avoir marre de toujours être celui, ou celle en la circonstance, qui a des idées « loufoques » et qui se fait traiter « d’hurluberlu », voir de « démagogue » ou « racoleur ». Si j’assume parfaitement le fait de ne pas rentrer dans le moule, je trouve que tout de même les collègues pourraient aussi adopter des jugements moins intempestifs, péremptoires et à priori sur leurs camarades de jeu: c’est pas parce qu’une idée est nouvelle qu’elle est forcément mauvaise. Prenez le temps de l’examiner objectivement et de vous demander si vous n’avez pas des a priori injustifiés, ah et j’oubliais: si vous êtes de mes collègues arrêtez de me regarder comme si un géranium me poussait sur la tête (en plus j’aime pas les géraniums!).

Donc je précise: je réclame le droit à l’expérimentation, sujet qui me tient particulièrement à cœur, et donc le droit à l’erreur, et donc le droit de reconnaître mes erreurs.

Je pense que l’expérimentation est nécessaire et vitale pour les bibliothèques, en effet nous sommes dans une période où tous nos modèles bibliothéconomiques se révèlent inopérants et donc caduques, et sauf erreur de ma part (« Anne, ma sœur Anne ne vois tu rien venir? »), aucun autre modèle ne pointe son nez à l’horizon. Bien sûr un ou plusieurs autres modèles finiront bien par émerger, mais il se peut que justement l’expérimentation soit ce nouveau modèle ou l’une de ses modalités.

Les bibliothèques ne sont pas que des lieux de culture, ce sont des lieux de sociabilité, entre le personnel et les usagers, mais aussi entre usagers. Or nos activités sont essentiellement culturelles et n’explorent ou ne recouvrent pas le champ de la sociabilité, en partie parce qu’il est si difficile de convaincre tout ou partie de nos collègues de la pertinence de remplir ce rôle. A titre personnel je ne cherche même plus à les convaincre, ce rôle me paraît tellement évident, le besoin est là, présent, réel, palpable jusque dans nos murs, et ce besoin est légitime parce que la culture c’est du lien social, aussi.

Donc il convient de mettre en œuvre des services ou des modalités de services qui explorent et répondent à ce besoin de lien social. Cependant comme ce besoin est exprimé sous des formes multiples, pas toujours très claires, il est difficile de déterminer de suite lequel va rencontrer son public, quelle sera la forme la plus pertinente et efficace.

L’expérimentation est donc la solution la plus pratique pour tester, innover, imaginer, dessiner les contours de services susceptibles de répondre à ce besoin. Avec des axes d’orientation et des temporalités différentes, qui sont à décider en équipe.

Bien sûr essayer implique aussi le risque d’erreur, il faudra donc manager l’erreur, mais après tout elle fait aussi partie de l’expérience de la vie et du management (ceci dit j’ai constaté que les quelques fois où ayant commis une erreur je l’ai reconnue et ai présenté des excuses, mes équipes m’ont regardée comme un alien, pourtant il me semble évident que je ne suis jamais qu’un être humain!).

Toute la question va être d’expliquer à nos hiérarchies et à nos publics que nous expérimentons avec de l’argent public et sur du public, et que le risque d’erreur fait partie de l’aventure. Ces explications ne seront bien sûr pas une mince affaire, en effet il est à la fois difficile pour soi, mais aussi pour ceux à qui nous devons des comptes, de reconnaître que nous allons nous servir des deniers publics pour « jouer », et éventuellement perdre. Mais si le risque de perdre est là, indéniable, et à ne pas minimiser, le risque de gagner aussi est là. Il me semble que nous ne nous adressons pas à des imbéciles, tant du côté du public que nos hiérarchies, et que donc tous peuvent comprendre que l’on ne réussit pas à adapter un service à un public de suite et que parfois ce que l’on imagine n’est pas ce qui réussit.

Par ailleurs, si je puis me permettre, lorsque nous nous plantons dans nos acquisitions, et nous nous plantons avec des montants annuels variables mais nous achetons effectivement des documents qui ne trouverons jamais leurs publics, nous commettons déjà ce genre d’erreur. Commençons par reconnaître ces erreurs là auprès de nos usagers et de nos hiérarchies, et proposons leur d’en commettre d’autres ou d’échouer à en commettre d’autres et donc de se risquer à expérimenter, car le risque de succès est aussi là, une chance à saisir.

La chance ne sourit qu’aux audacieux, dit-on, et je crois à titre perso que la chance c’est à la fois une opportunité qui se présente et une opportunité que l’on ose saisir…soyons audacieux! L’opportunité est là sous la forme d’un constat d’essoufflement du modèle de bibliothèque et les opportunités à saisir sont là aussi avec des lieux et des technologies, dont il ne nous reste qu’à nous emparer pour les triturer jusqu’à ce qu’ils correspondent aux besoins de nos usagers.

Osons et osons reconnaître nos échecs et nos réussites, réclamons le droit à l’expérimentation et le droit à l’erreur…we’re only humans!

PS: pour ceux que ce sujet intéresse j’espère bien y revenir dessus en en faisant mon mémoire de recherche…si l’enssib accepte, réponse mi-avril! Si la réponse est positive je vous le livrerais dans ce blog, parole de scout!

One Comment leave one →
  1. Sophie permalink
    25 mars 2008 6:26

    bien d’accord avec toi (une fois de plus 😉 et je ne suis même pas sure qu’il s’agisse de gaspiller l’argent public, car au vu du nombre d’opensource qui se développent, on se demande si l’expérimentation ne revient pas moins chère que certains contrats qui nous lient avec des fournisseurs à des tarifs prohibitifs !

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