Pas le temps de blogger mais…
14 octobre 2008
Voilà au compte goutte quelques notes prises lors de la journée du 25 septembre, organisée par le HEG de Genève, sur adaptations innovations et services documentaires, une journée au cours de laquelle j’ai croisé pleins de vrais pères Noël des bibliothèques. On commence avec le showman Eppo Van Nispen tot Sevenaer, CEO de la DOK à Delft (où je serais en stage tout le mois de février ô bonheur!!!!)
Précison: ceci est le texte intégral de son intervention avec quelques incises pour vous donner l’ambiance ou des précisions, il est donc le véritable auteur de ce texte.
La vie est faite de fantaisie. Et la plupart des bibliothèques n’en ont pas. Et notre vie actuelle est confrontée à un changement technologique rapide. DOK, le concept de bibliothèques développées à Delft, aux Pays-Bas, travaillent en permanence pour trouver comment les bibliothèques peuvent fournir une réponse face à une société de l’information en pleine évolution.
Après le concours de plusieurs partenaires célèbres, issus d’universités scientifiques étrangères, de sociétés comme Microsoft, Apple, de sociétés de télévision, de distributeurs, de chercheurs et d’autres bibliothèques localisées au Danemark ou aux États-Unis, DOK cherche à construire une bibliothèque 3.0. L’horizon de DOK est 2050. La mission de DOK est de devenir et de rester une des bibliothèques les plus modernes du monde.
Eppo montre la photo d’un homme et demande dans la salle qui connaît cet homme, personne ne peut répondre, il s’étonne devant autant de bibliothécaires que personne n’ait la réponse. Il s’agit d’un individu qui le 25 septembre 1983 a reçu un message de son gouvernement l’incitant à appuyer sur le bouton qui devait lancer cinq missiles, il a refusé d’exécuter cet ordre. Eppo a obtenu cette information sur Google en une seconde, là où plus d’une centaine de bibliothécaires sont incapables de répondre.
Il souligne que l’essentiel dans la vie c’est de s’amuser, et que les bibliothèques sont tout sauf amusantes, il demande à chacun dans l’assistance de se lever et de serrer la main de son voisin, puis il met de la musique et demande à chacun de danser et de s’amuser (ce que la salle fait fort volontiers, non je n’ai pas de photos!).
Ensuite il annonce qu’en moyenne les bibliothèques perdent 6 % de leur public et qu’en tant que manager il passerait à minima un savon à ses bibliothécaires, et que la devise de la DOK est « grab the world at Delft », un mélange de global reach et de local touch.
Google est un outil pratique pour la maison. Les bibliothèques doivent être bien plus que cela : elles ont les moyens, elles ont les connexions. Notre façon de communiquer a radicalement changé. Nous communiquons 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, n’importe quand, n’importe où et partout. Même l’Afghanistan dispose de quatre opérateurs de téléphonie mobile. Tout cela met littéralement le monde à nos pieds. Les coûts de communication ont considérablement chuté. Et le volume de données stockées a considérablement augmenté. Pour lui il n’y a pas de paradigme de la technologie, elle a toujours été présente. Il demande dans l’assistance qui peut répondre à la question suivante : « qu’y a-t-il après les giga-octets ? MO, et après ? TO, et après ? ». Ce sont les réponses à ce genre de questions qui devraient nous intéresser et nous devrions porter une attention particulière à la veille technologique. Il s’agit de saisir le futur avant que d’être saisi par lui. Il y a quelques années encore personne n’aurait parié sur les livres électroniques, et pourtant ils sont commercialisés et leur usage se généralise, de la même façon les livres ne peuvent pas être déclarés morts.
Nos enfants et nos petits-enfants vont vivre dans un monde où les ordinateurs seront plus intelligents qu’eux. Si les bibliothèques veulent survivre, elles doivent utiliser leur position, leur connaissance de la société de l’information et les innovations rendues possibles par la technologie comme base pour changer.
Dans notre secteur, ce ne sont pas les livres qui sont importants, mais les gens qui viennent consulter ses livres. Notre collection, ce sont nos usagers, pas nos livres. La bibliothèque devrait être un catalyseur. Les bibliothèques qui continueront d’exister dans le futur combineront leurs moyens, leur personnel, leur métadonnées, et leurs médias pour créer la valeur ajoutée pour leur public. Une valeur ajoutée qui vaut plus que cinq fois le coût d’un livre. Pour toutes ces raisons il est important de connecter les gens, d’être interactif, de s’axer sur la simplicité, et surtout d’en finir avec les règles. Une bibliothèque qui affiche à son entrée toute une série de symboles portant des interdictions n’incite pas le public à y rentrer. Les bibliothécaires doivent être des catalyseurs.
Auparavant, l’information n’avait pas autant de valeur qu’aujourd’hui. Avec les autoroutes de l’information, on peut facilement trouver une réponse à cette question grâce aux moteurs de recherche de n’importe où et sur n’importe quelle plate-forme. Les bibliothèques de demain doivent être « plug and play ». Des endroits dans lesquels le jeu est aussi important que la lecture. Les jeunes de moins de 30 ans jouent tous les jours aux jeux vidéo. Il est d’une extrême importance que les bibliothèques prennent cela en compte.
Les bibliothèques d’aujourd’hui sont focalisées sur le texte. Les bibliothèques de demain sont audiovisuelles. Et elles le seront aussi populaires, essentielles qu’un iPod.
Les bibliothèques de demain sont numériques. Les gens vont choisir en fonction de la facilité et rejeter la difficulté. Ils préféreront un livre électronique à un livre papier. Les moteurs de recherche devenir de plus en plus performants.
Les bibliothécaires doivent prendre conscience de tout cela. Ils doivent apprendre aux gens comment se servir de ces outils et ils doivent eux-mêmes se former pour ce monde numérique. Et le faire savoir, en particulier à leurs autorités. Ils doivent créer de nouveaux services d’information et ne pas avoir peur si l’un de ceux-ci ne marche pas. Sur 10 nouveaux services, seulement deux connaîtront le succès. Il est également important de s’attacher à la symbolique des couleurs, à la communication, aux jeux. Mais il est aussi important de mettre en œuvre des technologies qui facilitent la vie et le service rendu au public : la R.F.I.D., les bornes de téléchargement Bluetooth, les applications mobiles, les flux d’argent automatisés, et de toujours s’informer sur les nouvelles pratiques utilisées ailleurs. Sur ce dernier point trois de ses collègues sont venus un jour lui demander la possibilité d’investiguer à travers le monde sur les meilleures pratiques, ils se sont débrouillés pour trouver le budget et ont mis en place le Library Bureau Investigation, il est nécessaire de s’ouvrir au monde.
Les bibliothèques du futur devront s’y comprendre que le droit d’auteur et particulièrement le modèle économique des éditeurs sont un grand danger pour leur mission. Le manifeste des bibliothèques de l’Unesco est un texte important. Il affirme que « la liberté, la prospérité et le développement des sociétés des individus sont des valeurs humaines fondamentales. Il ne sera possible d’y parvenir que si des citoyens bien informés peuvent exercer leurs droits démocratiques à jouer un rôle actif dans la société ». Les bibliothèques publiques ont un rôle fondamental à jouer en cela.
Pour jouer ce rôle, nous devrons mieux nous « vendre »; nous devons nous ouvrir au monde extérieur; nous devons trouver des partenaires stratégiques; nous devons innover; nous devons rajeunir nos équipes; nous avons besoin d’affirmer notre position; nous avons besoin d’unir nos forces. C’est la seule façon pour que les bibliothèques restent les lieux publics les plus visités dans le monde. Et nous devons y travailler tous ensemble.
Enfin en bilan il souligne que pour l’année écoulée sa bibliothèque a accru son nombre d’usagers de 17,6 %.
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